En observant les œuvres des artistes d’ART LACOSTE, on pourrait être tenté de les classer selon les catégories habituelles de l’histoire de l’art : abstraction ou réalisme, surréalisme ou nature morte, figuration ou expérimentation contemporaine. Pourtant, une telle lecture semble rapidement insuffisante. Les artistes d’ART LACOSTE nous invitent plutôt à revenir à un niveau plus essentiel, presque primordial. Leur attention se porte avant tout sur les matériaux réels avec lesquels ils travaillent et sur la relation intime qu’ils entretiennent avec le paysage qui les entoure — celui du Luberon, mais aussi, plus largement, celui de la Terre elle-même. Quelque chose d’élémentaire et d’originel affleure dans leurs pratiques : la pierre, les fibres, l’argile, les pigments, parfois même l’air et la lumière.
Pourrions-nous alors évoquer les quatre éléments - la terre, l’air, l’eau et le feu ? Les textes des artistes réunis dans cette exposition en témoignent avec force.
Deveren écrit : « Tout ce que j’aimais et qui m’avait inspirée — l’eau, l’air, les rochers, ainsi que la relation et la tension entre ces éléments — je comprenais soudain que je pouvais l’exprimer dans la pierre, et, si possible, dans des pierres parmi les plus anciennes, qui portent dans leur matière l’histoire de notre monde. ». Gabriel évoque lui aussi cette mémoire profonde du minéral : « Le minéral et les pierres, témoins des origines de la création de notre planète, détiennent intrinsèquement cette mémoire ; je cherche à la révéler en les associant à d’autres éléments comme l’air et le vent, la lumière ou l’eau. »
Pour Inge, le paysage devient directement langage pictural : « Ces peintures reflètent mon environnement. Je vis parmi les rochers d’une carrière abandonnée ; les fissures d’un autre temps y sont devenues les lignes de mes compositions. ». Chez Anne, l’œuvre naît d’un geste ancestral : « L’art de la tapisserie vient du geste ancien du tissage […]. Je suis licière et travaille la matière : coton, laine, soie, sisal… ». Crystal, quant à elle, rappelle la relation physique à la matière : «J’aime pouvoir pincer, malaxer et faire glisser l’argile.» Et pour Lotti, c’est parfois l’invisible qui devient sujet : «C’est plutôt l’air autour qui m’intéresse.»
Les aquarelles d’Annette prolongent cette sensation, aqueuses et fluides, elles semblent faites autant d’eau que de lumière et d’air. Dans les photographies aériennes de Niko, le paysage révèle lui aussi son caractère vivant : « Chaque instant, chaque changement de lumière ou de condition climatique nous dévoile un nouveau visage. »
La terre, l’eau et l’air sont présents — mais le feu l’est également : dans les sculptures métalliques de Martha, où la soudure assemble les fragments pour donner naissance à ses oiseaux, ou encore dans la cuisson des pièces en argile de Crystal, blanchies comme la pierre calcaire de Lacoste.
Tout commence par un geste : geste de joie chez Inge, geste ancestral chez Anne, geste de marche et de mémoire dans les monotypes de Maria, inspirés de ses pèlerinages en hommage à son frère. Car l’artiste, avant tout, est à l’écoute. Esther écrit ainsi, à propos de ses photographies : « Si la nature était perçue comme une sublime partition musicale… ». Et Crystal confie : « Je dois écouter la pierre — pas seulement la sentir avec mes mains et mes yeux — pour percevoir l’endroit où un détail pourrait devenir fragile. »
Dans cette recherche des origines et de ce qui fonde notre relation au monde, Luc-Henri est allé jusqu’à l’ouest de la Papouasie indonésienne, « sur les traces des premiers hommes, il y a plus de 50.000 ans », afin de photographier des peintures préhistoriques vieilles d’au moins 5 000 ans.
Ainsi, au-delà des styles et des catégories, l’exposition ART LACOSTE 2026 nous ramène à l’essentiel : notre lien profond avec les éléments, la matière et le temps.
Réjouissez-vous et venez découvrir l’exposition d'ART LACOSTE 2026 !
Catalogue 2026, 32 p, en vente sur place